Saturday, August 18, 2012

Genet (V)

J'apprenais en me déplaçant que la Terre est probablement ronde. Je ne croyais pas en Dieu. L'idée de hasard, combinaison aléatoire de faits, combine même d'événements, d'astres, d'êtres, devant à eux-mêmes ce qu'ils sont, et cette idée me paraissait plus élégante et plus rigolote que celle d'un Dieu-un. Le poids de la foi écrase quand le hasard allège et rit. Il rend joyeux et curieux, donc souriant. S'il n'a pas accepté de le savoir clairement, le plus croyant des poètes français, Claudel l'a mieux dit : "les jubilations du hasard". Un tel blasphème dans une telle carrure !

(page 517)

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