Gilbert Pestureau (à propos de "L'herbe Rouge")
Boris Vian règle des comptes personnels et sociaux dans cette fiction romanesque qui leur donne une valeur universelle et offre une échappatoire profondément humoristique à un constat pessimiste sur l'homme et son univers. La satire pulvérise les rites de la société organisée : caricature grotesque de l'administration municipale, des fêtes collectives, de la plupart des divertissements familiaux ou sociaux ; spectacle d'une religion artificielle, indifférente aux vrais problèmes et d'une inutilité flagrante ; bilan humainement désastreux d'une éducation et d'une instruction qui plongent les enfants dans des mondes factices, répugnants, sans rapports avec la vraie vie, les beautés naturelles, le temps intérieur, la recherche de leurs propres richesses, l'atteinte de leur personnalité unique ; l'absence de préparation à l'amour et la fabrication d'individus bloqués par l'hypocrisie sociale, le refoulement des passions, l'inaptitude à communiquer leur désir vital.

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