Nietzsche - Ecce Homo (1)
Si le savant ne remue plus de livres, il cesse de penser. Il répond simplement à une excitation, à une idée qu'il a lue, et finit par se contenter de réagir. Le savant dépense toute sa force à approuver et à contredire, à critiquer du déjà pensé, lui-même ne pense plus du tout... Son instinct de défense s'est usé, autrement il se garderait des livres. Le savant est un décadent. J'ai vu de mes yeux des natures riches, douées et nées pour la liberté, ruinées dès la trentaine par la lecture et réduites pour jamais au simple rôle d'allumettes qu'il faut frotter pour leur faire donner des étincelles, des "pensées". Lire un livre de bon matin, au lever du jour, en pleine fraîcheur d'esprit, en pleine aurore de la force, j'appelle cela du vice ! (54)
Comment guérit-on une femme ? Comment opère-t-on son "salut" ? C'est en lui faisant un enfant. C'est d'enfants qu'a besoin la femme, l'homme n'est jamais qu'un moyen : ainsi parlait Zarathoustra. (73)
Prêcher la chasteté, c'est exciter publiquement à violer les lois de la nature. Mépriser la vie sexuelle, la souiller par l'idée de "souillure", c'est le vrai crime de lèse-existence, le vrai péché contre le "Saint-Esprit de la vie". (74)

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