Monday, June 02, 2008

Ma soirée de A à Z

A Les démarches d'obtention du visa semblent se complexifier à mesure que le temps passe ; et cela aurait tendance à me plomber quelque peu. Il faut dire que j'ai pris ce voyage sans doute un peu trop à coeur ; à chaque coin de rue je me le remémore. Ainsi, hier, je me suis surpris à penser que dans le mot "brousse", il suffisait d'enlever deux lettres pour atterrir sur "russe". C'est dire à quel point mon esprit est rendu. Bref. En fait je n'ai rien à écrire, et je dirais même que je n'ai pas du tout envie d'écrire ; si ce texte en est déjà à six lignes, c'est pour la seule et unique raison que je cherche un passe-temps pour meubler cette nuit inintéressante. J'aurais pu allumer MTV, j'aurais pu jouer du piano, mais j'ai choisi le blog. Cet honneur que je lui fais doit dépasser toutes ses espérances, et je crois sentir dans son petit coeur bloguesque comme un tressaillement de joie et de fierté. Compréhensible. Bon, je pense qu'il est temps de fixer une petite limite. On va dire trente lignes. Non, trente-deux. Je vais pas tomber dans la facilité, quand même. Donc voilà, plus que vingt-et-un à meubler. Essayons de trouver un sujet intéressant. [Ellipse]. Après le net insuccès de cette mission, je me rends à l'évidence : je ne suis pas assez triste pour écrire, et pas assez joyeux non plus. En fait, je suis dans l'entre-deux états, celui le plus inintéressant, somme toute. Parce que n'être ni triste, ni joyeux, on peut s'accorder sur le fait que c'est un sentiment relativement fade. C'est un peu comme le jeu du "ni oui ni non" : si personne ne dit "oui" ou "non", on se fait rapidement chier. Là, c'est un peu pareil (à peu de choses près). [Ellipse]. Maintenant, je suis très tenté de me faire un petit "Je lis tout", mais je vais essayer de me retenir. Il faut dire que le "Je lis tout" (pour ceux qui connaissent) présente, en soi, assez peu d'intérêt. Mais bon, au moins il se fond bien dans l'ambiance de ce blog. C'est déjà pas mal. [Ellipse]. Tiens, là je viens de penser à une théorie fumeuse concernant la double utilité de mon blog : j'y entasse les conneries quand je vais bien, les idées noires quand je vais mal. Ce soir j'inaugure donc la troisième utilité, le "chemin de traverse" en quelque sorte, puisque le texte ici présent ne rentre dans aucune des deux catégories. Bref. [Ellipse]. Bon, encore, huit lignes. Il s'agit de les meubler avec classe et panache. C'est quand même les dernières, celles que le lecteur passionné gardera dans sa mémoire, celles avec lesquelles il s'endormira ce soir, celles dont il se remémorera dans un lointain futur, avec des larmes dans ses yeux et un tremblement de lèvres. De plus, [Ellipse]. Ne me souvenant plus de ce que j'avais prévu d'écrire après ce "De plus", je recommence donc une nouvelle phrase. Jeudi, je vais bosser à la banque. Travail. Larmes. Stress. Costume. Café. Argent. Découvert. Et plein d'autres trucs chiants. Le monde du travail d'été, c'est relativement marrant de l'extérieur, et c'est systématiquement chiant de l'intérieur (surtout quand l'extérieur te nargue avec ses 30° à l'ombre). Bon, en plus, autant être honnête, je peux vous citer immédiatement au moins dix métiers plus drôles que banquier : gérant d'un McDonalds, vendeur de lunettes de soleil, DJ dans un camping, contrebassiste, maître d'hôtel, trappeur, dessinateur de BD, prof de Culture Générale à Sciences Po, télégraphiste, tenancier de bar. Et encore, j'en aurais eu plein d'autres. Bref, il est temps pour une petite ellipse, je crois. [Ellipse]. Tiens, j'en profite pour vous donner en mille la raison pour laquelle je ne saute jamais de lignes. Si je sautais des lignes, mon texte serait plus lisible ; si il était plus lisible, cela voudrait dire qu'il serait lu ; si il était lu, j'aurais d'autant plus honte de toutes les conneries que j'écris. Le non-sautage de lignes est donc un airbag contre le ridicule. Voilà. [Ellipse]. Il est 1h41, et l'envie de "Je lis tout" se fait de plus en plus pressante. [Ellipse]. Bon, outre le boulot à la banque, de quoi sont faites ces vacances? D'un voyage hypothétique dans un pays relativement lointain, tellement hypothétique d'ailleurs que j'essaye de ne pas trop y penser. Car si il ne se fait pas, dure sera la chute (j'aurais même pu mettre "très dure", mais j'avais peur d'alourdir la phrase. Donc je n'ai pas mis "très", mais je n'en pense pas moins). Et sinon, pas grand-chose. Des trucs stupides, sans aucun doute. Dieu, qu'est-ce que j'aime ça. C'est mon occupation préférée, depuis dix-neuf ans. Je compte même en faire mon métier. Docteur en stupidité, ce serait pas mal sur mon CV. Bref. Le niveau est bas, très bas, trop bas. Presque trop bas pour que je publie ce message. Si vous le lisez en ce moment, vous pouvez vous dire que vous avez de la chance ; il aurait tout aussi bien pu rester dans l'oubli, d'ailleurs mérite-t'il mieux que l'oubli? Sans doute pas. Tiens, ça me fait penser à tous ces textes que j'écris et que j'efface aussitôt écrits. Il y en a beaucoup, mine de rien. [Ellipse]. Ce soir, le moment est venu de me poser des questions existentielles, comme "Qui suis-je?", "Où vais-je?". "Tim" et "dans mon lit" me semblent être des réponses appropriées, même si c'est pas très original. Tiens, ça me fait penser que rien n'est plus pitoyable que de parler tout seul. Vous imaginez quel est mon score sur l'échelle de la pitoyabilité (vous ne connaissez pas ce mot? Moi non plus). [Ellipse]. Et hop, je passe du coq à l'âne (j'adore cette expression! On devrait la dire plus souvent, à mon goût) et j'évoque les conversations qu'on refait. Il y a un côté désagréable à parler de quelque chose, puis se dire "Merde, y'a six mois on a déjà parlé de ça, et je t'ai dit exactement pareil". On se sent relativement con, en général. Grâce à toi ça m'arrive moins souvent, je sais que tu détestes ça! Moi, j'avais tendance à m'en accommoder ; une sorte de lâcheté vis-à-vis de ma mémoire, je suppose (une de plus). [Ellipse]. Avoir une mémoire sélective, c'est quoi? Merde, cette question semble très intéressante, mais je me sens inapte à y répondre maintenant, ma réponse regorgerait de nullité, sans aucun doute. Mais je me la réserve pour une prochaine fois, vous allez en bouffer de la mémoire sélective, je vous le promets. Bon, je suis pas loin du record de longueur pour mon blog, là, non? Tout du moins je l'espère, car je commence sérieusement à fatiguer! Y'a pas à dire, rien n'est plus chiant que d'écrire quand on a pas envie. D'ailleurs, c'est pareil avec tout. Ecrire à quelqu'un parce qu'on se sent obligé (spéciale dédicace aux cartes de voeux du Nouvel An), y'a rien de plus emmerdant. Rien n'est plus agréable que d'écrire à quelqu'un parce qu'on en a envie, parce qu'on l'aime, parce qu'on veut lui parler de tout ou de rien, juste par besoin d'un contact, d'un lien invisible. Bref, sans réel motif, sans réelle raison. Ecrire par obligation est le degré zéro de l'écriture (d'ailleurs, pour la lecture c'est à peu près pareil, si je ne m'abuse. Et pour plein d'autres trucs dont je tairai le nom par pudeur). Enfin bref. [Ellipse]. Tiens, à ce moment-là du texte, il me semble intéressant de revenir en arrière, de faire Ctrl+F, et d'observer le nombre de fois où j'ai écrit "bref". Je parierais sur six ou sept. [Ellipse]. Je m'étonne moi-même, il y avait en effet sept "bref" depuis le début. Bon, il est peut-être temps de rendre l'antenne, j'ai largement fait mes trente-deux lignes, là. Z

2 Comments:

Anonymous Anonymous said...

J'appose mon nom pour certifier que j'ai bien lu ce post
- lucie -
Et pour commenter : très belle inauguration de la "troisième voie" bloguesque. J'applaudis.
bisous !

02 June, 2008 13:09  
Blogger Louis said...

J'adore ce passage sur le "je lis tout" lol...

06 June, 2008 17:51  

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