Monday, November 13, 2006

Cinq chefs-d'oeuvre de la Trance

Dans une logique de culturalisation des masses conditionnées par l'emprise quasi-monopolistique du rock sur la société (à prendre au second degré évidemment), je me permets d'endosser l'ample tunique de porte-parole en vous présentant, dans ma grande bonté, les cinq morceaux d'anthologie qui ont le plus marqué la trance, les morceaux sans lesquels la trance aurait le goût amer de l'inachevé ou pire, du jamais commencé. Car chacune de ces cinq chansons ont été autant de révolutions musicales. En cinq épisodes je vais ainsi vous présenter les plus grands morceaux trance jamais réalisés (ne pas confondre avec "mes cinq préférés", qui seraient très différents). L'objectif est tout simplement de vous donner une certaine culture, ce style de musique étant encore méconnu dans beaucoup de pays, dont la France. Et même si vous n'aimez pas ces cinq morceaux, dîtes-vous qu'il faut connaître l'adversaire pour mieux le contrer. Dorénavant, quand vous critiquerez la trance, vous parlerez en connaissance de cause !

Robert Miles, Children (1995)
C'est la première. Le morceau fondateur, celui sans lequel la trance n'aurait sans doute jamais existé. Cette chanson est l'oeuvre d'un artiste suisse dont le génie permit de créer un morceau d'un genre inconnu. Children ne ressemble à aucune autre chanson créée auparavant ; elle est sortie de l'imagination de Robert Miles, joueur de piano depuis l'âge de quatre ans. Il a à peine vingt-cinq ans quand il se met en tête de créer cette chanson, dont l'entière réalisation prit près d'un an. Perfectionniste, Robert Miles chercha, à tout prix, à proposer un morceau musicalement parfait, alternant la douceur mélancolique et la froide dureté de sons électroniques. L'objectif de Robert Miles, qui a créé cette chanson dans la solitude d'un studio de quatre mètres sur quatre dans lequel il pouvait passer dix heures consécutives, était de faire passer par la musique seule (aucune parole) les émotions qu'il ressentait. "Children est la réponse émotionnelle, spontanée et honnête que Robert Miles a apporté aux enfants victimes de la guerre en ex-Yougoslavie, pays duquel son père revenait juste de mission humanitaire", raconte un biographiste de l'artiste. Marqué par l'atrocité de la situation balkanique de l'époque, il commença la réalisation de la chanson, résonnant comme une longue complainte mêlant parfaitement les sentiments de tristesse (premières minutes) et de révolte (fin du morceau) que l'artiste ressentait face à ces événements.

"I was anxious to see how people would take to this piece. The following Sunday morning I opened my DJ set with Children, feeling both scared and excited... the DJ just before me had ended with a very heavy piece. To break the existing mood with a melodic tune and a long intro could have simply cleared the floor. The people in front of me stopped in their tracks, their eyes fixed to the console almost in annoyance. I felt my blood run cold and I remember lowering my eyes in fear. The record reached its soaring climax. From the floor came a thunderous noise... I lifted my gaze and saw a sea of hands reaching up high and a smile stamped on every face. A girl approached me in tears. "What music is this?" she asked me. I don't think I shall ever forget that moment, when I realized that my feelings had been conveyed through my music. My dream turned into reality." (Robert Miles).

Cliquer ici pour écouter "Children", de Robert Miles...


Solarstone, Seven Cities (1999)
Cette chanson est sans aucun doute la chef de file de la branche la plus calme et la plus mélodique de la trance. Solarstone, pour commencer, est composé de deux anglais, Rich Mowatt et Andy Bury, dont les productions se sont progressivement orientées vers la trance, à la suite d'artistes "phares" comme Robert Miles. Inspirés et mélodiques, leurs albums sont calmes et posés. Tristes, parfois. Seven Cities, découverte par l'Angleterre entière, puis par le monde de la trance, est aujourd'hui considérée comme l'une des plus grandes chansons trance jamais réalisées. Soutenus par des voix mystérieuses et des moyens musicaux variés, Solarstone a marqué la trance de son empreinte, et l'album "Anthology", regroupant les plus grands succès du duo anglais et sorti il y a peu, est réellement grandiose. Seven Cities donne une première idée de la richesse incomparable de l'oeuvre de Solarstone.

"Seven Cities" is a song by UK producers Solarstone. It is their best-known song and is frequently called one of the seminal works in trance music." (wikipedia.org).

"La contribution de Solarstone au perfectionnement et à l'émancipation de la trance est à la fois considérable et remarquable" (Tiësto).

"This is quite simply one of the most beautiful and uplifting trance tracks ever produced. Full stop. Perfectly produced, hooking you within the first 5-10 seconds. From there, you are taken on a progressive journey of warm sounds and spirit-raising synths." (N.A. Jarvis).

“Solarstone. Two little words, one colossal contribution to the Trance Nation.” (DJ Magazine).

Cliquer ici pour télécharger "Seven Cities", de Solarstone...
N'ayant pas réussi à l'héberger, je me contente de vous donner un lien de téléchargement. Cela ne prendra que deux à trois minutes de plus que d'habitude.


ATB, Don't stop (1999)
Ce morceau, basé sur une trouvaille musicale originale et répétée à l'extrême, est l'oeuvre de l'allemand Andre Tanneberger, en 1999. Issu de son premier album, Movin' melodies, ce titre a eu un succès retentissant outre-Manche, ainsi qu'en Allemagne où ATB est addulé. Extrêmement court, ce morceau est issu de l'imagination florissante de l'artiste. Le coeur de ce titre est la juxtaposition de sons typiquement issus de synthétiseurs, agrémentés d'une voix incroyablement sensuelle, tout spécialement à la cinquante-neuvième seconde du titre. Le rythme rapide et la répétition du thème initial font de ce morceau, non seulement un titre impossible à sortir de la tête une fois qu'il y est entré, mais aussi un classique du mouvement trance, classique d'autant plus important qu'il a eu un succès international.

"On the international trance scene, ATB is without a doubt an example, with an unique skill of combining ambient and trance with a wide variety of musical influences. International stars like Moby, William Orbit or Enigma have called on his services." (atb-music.com).

Cliquer ici pour écouter "Don't stop", de ATB...


Paul Van Dyk, Nothing But You (2003)
Cette chanson, à elle seule, résume la trance. L'allemand Paul Van Dyk, né en 1971 et considéré comme le maître de la scène trance à l'heure actuelle (élu meilleur DJ du monde en 2005 et 2006), est incontestablement l'auteur, avec cette chanson, de l'un des plus grands chefs-d'oeuvre jamais réalisés dans ce style de musique. La chanson, relativement courte, est basée sur une voix extrêmement douce, mélodie agrémentée de sons trance très discrets et incroyablement variés (plusieurs écoutes et oreille attentive nécessaires pour le remarquer). La chanson est en fait le résultat d'un long voyage de Paul Van Dyk en Inde, voyage au cours duquel il affirme lui-même avoir "beaucoup appris" (les titres des albums postérieurs à ce voyage s'en ressentent, d'ailleurs : "Revelations", "The secrets of Shiva"...). Les influences orientales de cette chanson lui donnent incontestablement un charme destructeur, charme permettant à ce morceau de figurer parmi les plus grandes productions trance de ces dernières années.

"Nothing but you, mélancolique et mystérieuse, symbolise l'apogée du génie de Paul Van Dyk." (DJ Magazine).

Cliquer ici pour écouter "Nothing but You", de Paul Van Dyk...


Tiësto, Adagio for Strings (2003)
La fin de cette présentation approche. Le dernier morceau est aussi l'un des plus connus. Il est l'oeuvre du plus grand des DJs trance, celui qui, malgré l'émergence d'une nouvelle vague talentueuse, reste le plus respecté. Je ne pouvais présenter un panel de cinq chefs-d'oeuvre de la trance sans évoquer le hollandais Tiësto. Trois fois élu meilleur DJ du monde (2002, 2003 et 2004), meilleure vente cumulée d'albums d'un artiste trance à travers le monde, déplaçant des dizaines de milliers de personnes à chacune de ses sorties, comptant ses fans par millions (tout spécialement en Europe centrale, en Scandinavie et dans le Bénélux), ayant mixé la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques devant plus de deux milliards de téléspectateurs, et récent auteur du single Dance for life (dont les bénéfices reviendront à une association caritative, et dont le clip montre l'engagement de l'artiste dans la lutte pour l'éducation et pour l'émancipation des pays du Tiers-Monde), Tiësto est, tout simplement, le plus grand des artistes trance. Ce titre, Adagio for Strings, dur et puissant, clairement orienté vers la branche "hardcore" de la trance, est un remix célèbre de l'oeuvre classique de Samuel Barber, au début du siècle dernier. Plus abouti que les remix de Ferry Corsten et surtout de William Orbit, ce morceau est le plus célèbre réalisé par Tiësto.

"Tiësto is known for his famous remix of William Orbit's interpretation of Barber's Adagio for Strings. This acclaimed remix brought him into the strata of world-renowned DJs. As of May 2006 Tiësto is the official worldwide ambassador for the Dance4Life foundation, fighting the spread of AIDS/HIV." (wikipedia.org).

Cliquer ici pour écouter "Adagio for Strings", de Tiësto...

8 Comments:

Blogger Tim said...

j'ai mis 4h à écrire ça...!

13 November, 2006 04:20  
Anonymous Anonymous said...

Musicalement intéressant...

13 November, 2006 17:51  
Anonymous Anonymous said...

J-11 ! 8)

14 November, 2006 16:49  
Anonymous Anonymous said...

Hello
J'ai vu le lien vers ce blog sur le site Tchèque Techno.cz, et franchement, mes respects pour cet article élogieux sur la Trance, ou du moins ces origines...
Si tu veux visiter mon site :
http://tranceformator.monsite.wanadoo.fr/
Mon msn : arnaud.dec@wanadoo.fr qui fait mail aussi!
@+ Arnaud

14 November, 2006 21:38  
Anonymous Anonymous said...

Bon alors la première fois ça n'a pas marché, alors je recommence...
Très intéressant article, je vais écouter tout ça dès que possible (c'est-à-dire une fois à l'extérieur de la Bibliothèque)!
Par ailleurs je tiens à dire que William Orbit a fait un boulot absolument inncroyable sur Ray of Light (1998) de Madonna, à ce jour son meilleur album.

17 November, 2006 09:06  
Anonymous Anonymous said...

Mais en fait je connais "Children"!

17 November, 2006 19:50  
Anonymous Anonymous said...

WOUAH!!! Merci pour Children et Don't Stop

23 November, 2006 04:13  
Anonymous Anonymous said...

great share m8, thx for the links even if i didn t understand everything!!! trance4ever

23 November, 2006 17:08  

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