Saturday, September 16, 2006

COURage, fuyons

En ce jour, qui se trouve être celui où je fête avec joie, bonheur et félicité (au moins ça !) mon dix-huitième anniversaire de naissance, je reprends d'une main ferme et décidée les rênes du cheval (que dis-je ? de l'âne !) bloguesque que je m'évertue, depuis quatre mois, de garder sur le sentier sinueux de mon esprit tourmenté, tentant, tant bien que mal, d'éviter le gouffre de l'ennui et le ravin du manque d'intérêt, obstacles perçus comme des pièges à la réalisation pleinière du tout bloguesque dont j'esquisse vainement les contours à chaque article que j'écris. Je pense sérieusement qu'avec une phrase comme celle que vous avez lue (vous aurez remarqué que je pars du principe que vous lisez entièrement ce que j'écris, c'est dire si ma naïveté est profondément ancrée dans l'océan illimité de mes défauts), j'ai posé les bases d'un article long et ennuyeux, dont l'essence et le contenu restent, à l'heure qu'il est, tout à fait obscurs. N'ayant réellement aucune idée de sujet sur lequel je pourrais déverser mes pulsions épistolaires, je vais me livrer, devant vous, à une expérience exceptionnellement fabuleuse, plongeant dans l'inédit, le génie, et, avouons-le, dans le ridicule. J'ouvre le Guide du Routard (le seul livre que j'aie à portée de mains, NDLR), et je prends le premier mot me tombant sous les yeux. Je vous le donne en mille (quoique... peut-être que cent suffiront, non ?), c'est le mot "cour" sur lequel je suis malencontreusement tombé. Prenez note, d'ailleurs, de l'état de félicité incontrôlée dans lequel je me trouve, prenant soudainement conscience que j'aurais tout aussi bien pu tomber sur "florilège" ou "fanfare", eux aussi éparpillés sur la page 191 du Guide du Routard Hongrie-République Tchèque-Slovaquie, pour une poignée d'euros dans votre Carrefour le plus proche. Me refusant à m'abandonner à une quelconque digression (c'est du déjà vu, n'est-ce pas ?), je reviens donc au sujet (et quel sujet !), le mot "cour". A première vue, le mot "cour" ne paye pas de mine, n'est-ce pas ? Il semble modestement cacher ses quatre petites lettres au milieu de longs verbes ou de suffixes flambants. Le mot "cour", c'est un peu le mot gentil, celui qui ne cherche pas à se faire remarquer, modeste, petit (d'ailleurs on parle de "basse-cour"), discret et impréfixable (selon une étude IPSOS, 89% des lecteurs ont relu plus de deux fois le mot qui précède, 56% ont immédiatement estimé qu'il n'existait pas, 7% ont tapé le mot dans leur barre de recherche Google, découvrant avec stupéfaction - on les comprend : quel choc ! - que le moteur de recherche répondait tristement qu'aucun document ne correspondait aux termes de recherche spécifiés, et 97% ont estimé que pour utiliser de tels mots, il fallait être fou à lier - si vous faites partie des 3% restants, je vous aime -). Que peut-on dire également sur ce mot ? Je vous dirais bien que, comme "gare", l'ajout du suffixe "age" change totalement son sens, mais ça n'a tellement aucun intérêt que je vous épargnerai cette comparaison stupide. Je vous épargnerai aussi d'éventuels jeux de mots (Le cour de maths et autres Cour Forrest). En fait je vous épargne tellement de choses que je ne sais plus quoi dire. Je concluerai donc, certain que désormais, vous ne verrez plus une cour de la même façon. Et puis si vous voyez une cour de la même façon qu'avant, c'est que vraiment, vous n'avez pas compris la portée exceptionnellement riche du présent article.

4 Comments:

Anonymous Anonymous said...

Je regarde une cour juste là maintenant ... et j'avoue que je suis morte de rire ... ! je dirais donc que ton article a atteint son but ! à propos du guide du routard j'avais le même cet été , et soit dit en passant je vais à carrefour demain (dix grosses minutes en taxi).

comment ça moi aussi je dis des choses inintéressantes ?

16 September, 2006 20:02  
Blogger Louis said...

Loooool mais comment as-tu pu oublier ce cher Norbert Elias et sa société de...COUR?

16 September, 2006 22:30  
Anonymous Anonymous said...

Alors là, je dis bravo : tout d'abord, pour avoir réussi à placer une publicité gratuite pour la boîte qui me procure actuellement de quoi subvenir à mes besoins immédiats, mais également futurs (proches - les vacances exotiques qui se profilent cet automne - ou lointains - heu... la retraite, mais pas tout de suite quand même), qui, de plus, est reprise par ta première commentatrice.

Ensuite, parce que parler pour ne rien dire, ce n'est pas si facile, et là, je vais honteusement pomper sur un grand maître, décédé cette année, en citant ici l'intégrale d'un de ses fameux sketches:
Mesdames et messieurs... je vous signale tout de suite que je vais parler pour ne rien dire.
Oh! Je sais!
Vous pensez :
« S'il n'a rien à dire... il ferait mieux de se taire!»
Evidemment! Mais c'est trop facile!... C'est trop facile!
Vous voudriez que je fasse comme tous ceux qui n'ont rien à dire et qui le gardent pour eux?
Eh bien, non! Mesdames et messieurs, moi, lorsque je n'ai rien à dire, je veux qu'on le sache! Je veux en faire profiter les autres!
Et si, vous-mêmes, mesdames et messieurs, vous n'avez rien à dire, eh bien, on en parle, on en discute!
Je ne suis pas ennemi du colloque.
Mais, me direz-vous, si on parle pour ne rien dire, de quoi allons-nous parler?
Eh bien, de rien! De rien!
Car rien... ce n'est pas rien!
La preuve, c'est qu'on peut le soustraire.
Exemple:
Rien moins rien = moins que rien!
Si l'on peut trouver moins que rien, c'est que rien vaut déjà quelque chose!
On peut acheter quelque chose avec rien!
En le multipliant!
Une fois rien... c'est rien!
Deux fois rien... ce n'est pas beaucoup!
Mais trois fois rien!... Pour trois fois rien, on peut déjà acheter quelque chose... et pour pas cher!
Maintenant, si vous multipliez trois fois rien par trois fois rien :
Rien multiplié par rien = rien.
Trois multiplié par trois = neuf.
Cela fait: rien de neuf!
Oui... Ce n'est pas la peine d'en parler!
Bon! Parlons d'autre chose! Parlons de la situation, tenez!
Sans préciser laquelle!
Si vous le permettez, je vais faire brièvement l'historique de la situation, quelle qu'elle soit!
Il y a quelques mois, souvenez-vous, la situation pour n'être pas pire que celle d'aujourd'hui n'en était pas meilleure non plus!
Déjà, nous allions vers la catastrophe et nous le savions... Nous en étions conscients!
Car il ne faudrait pas croire que les responsables d'hier étaient plus ignorants de la situation que ne le sont ceux d'aujourd'hui!
Oui! La catastrophe, nous le pensions, était pour demain!
C'est à dire qu'en fait elle devait être pour aujourd'hui! Si mes calculs sont justes!
Or, que voyons-nous aujourd'hui?
Qu'elle est toujours pour demain!
Alors, je vous pose la question, mesdames et messieurs:
Est-ce en remettant toujours au lendemain la catastrophe que nous pourrions faire le jour même que nous l'éviterons? D'ailleurs, je vous signale entre parenthèses que si le gouvernement actuel n'est pas capable d'assurer la catastrophe, il est possible que l'opposition s'en empare!

Je précise que je n'ai même pas fait de copier/coller ;-)

Après ce petit discours (merci Raymond, tu nous manques), je crois que tu es mûr pour une petite devinette, que tu connais peut-être déjà:
C'est mieux que Dieu
C'est pire que le Diable
Les pauvres en ont
Les riches en ont besoin
Si tu en manges, tu meurs
Qu'est-ce que c'est?

Et enfin, je ne pouvais tout de même pas placer un posting le 16 Septembre sur ton blog sans fredonner, en Fa majeur (pour nous, les basses, ça ne monte que jusqu'au do du haut, c'est relax), sur "do do ré do fa mi, do do ré do sol fa..." un très Joyeux Anniversaire, mon cher Tim!

A propos de basses, un sujet en suggérant un autre, il faut que je te fasse part de ces 3 sympathiques contrepèteries musicales et pleines de bon sens:
La soprane a fait le bis avec son pupitre. Du coup, le ténor s'est fait prêter la baguette. Et alors, on a pu voir la basse dépitée!

Uncle Ben

PS: si tu as la possibilité de revenir sur ton message du jour, il faudrait tout de même que tu corriges ta première phrase, car tu on ne s'évertue pas de quelque chose, mais bien à quelque chose ;-)

16 September, 2006 22:47  
Blogger Tim said...

lucie : tu confirmeras qu'à la page 191 on a bien le mot "cour" ! lol. Vive Carrefour !

louis : en effet c'est une honte ! prions pour que jean-pat' ne lise jamais ça !

ben : re-honte pour moi pour le "s'évertuer", je crois qu'il y a une autre faute autre part mais je ne sais plus exactement où. merci pour avoir rappelé raymond à ma mémoire et pour avoir pensé à l'anniv' lol !

17 September, 2006 12:17  

Post a Comment

<< Home